Mon expérience d'instituteur (25 ans) puis d'inspecteur.
Il est impossible de comparer ce qui se passe à la maison et ce qui se passe à l'école. Dans le premier cas, sécurité affective, petit nombre de personnes, situation privilégiée de tutorat entre vous et votre fils. Dans le second, le groupe est (trop) nombreux et ce qui en découle ne facilite pas les choses, surtout pour les enfants vifs d'esprit et de manière plus divergente que convergente : le cadre est plus contraignant qu'à la maison, même si cette pesanteur du grand groupe est souvent heureusement compensée par une attitude compréhensive et dévouée, de la part de l'enseignant-e ; les choix pédagogiques ne sont pas toujours adaptés à la situation (la formation des enseignant-e-s gagnerait à entraîner ceux-ci/celles-ci à individualiser réellement leurs approches pour qu'elles soient en phase avec le développement de chaque enfant). Par ailleurs, la tradition française fait croire que la constitution de classes homogènes par l'âge serait préférable aux classes multi-âges, alors que les connaissances, les capacités, les attentes, les besoins des enfants sont très variables. La classe de CP est certainement la plus absurde puisque l'on met ensemble les enfants qui ne maîtrisent pas encore bien la lecture, l'écriture ; de plus, certain-e-s, né-es en début d'année civile sont objectivement et statistiquement nettement plus mûr-e-s que leurs camarades né-e-s presque un an plus tard, soit en fin de la même année civile. Inconvénients qui n'existent pas dans une classes à plusieurs niveaux.
Ceci pour vous aider à accepter la réalité : il y a des choses qui dépendent de vous (l'amour porté à votre enfant, la confiance, la patience et le respect auxquels il a droit et que vous lui accordez, probablement) et celles qui vous échappent. Inutile de vous focaliser sur ces dernières. Votre confiance envers l'enseignant-e, l'école et le TEMPS seront infiniment plus efficaces que l'impatience, les punitions.
Les devoirs écrits à la maison étant interdits depuis 1956, vous pouvez accompagner l'enfant dans son travail oral (la probable lecture du soir), en lui demandant de lire "dans sa tête" puis de vous raconter ce qu'il aura lu. Ensuite, il peut choisir une ou deux phrase(s) dont il préparera à son rythme la lecture à haute voix. Il peut venir vous demander votre aide pour tel ou tel mot, mais vous n'avez pas à rester auprès de lui durant cette activité. Quand il se sent prêt et à un moment où vous êtes disponible, il vous montrera qu'il sait dire à haute voix ce qu'il a lu dans sa tête. Vous l'encouragerez ; si besoin, vous lui monterez comment dire correctement un ou deux mot(s) incorrectement lus, sans vouloir atteindre la perfection (pensez au temps qui lui est nécessaire pour que les automatismes de lecture se mettent en place).
A essayer avant de consulter : a priori, votre fils n'est peut-être pas "malade"...
Bon courage.
Vous pouvez nous tenir au courant des évolutions et solliciter des éclairages supplémentaires.
Cordialement |