Faddel,
1°/ Selon l'article L 114-1 alinéa 2 du code de la consommation : le consommateur peut dénoncer le contrat en cas de dépassement du délai de livraison excédant 7 jours.
Or, en l'espèce votre LRAR a été envoyé alors que la date de livraison n'était pas encore dépassée.
Quelle sont les effets de cette LRAR "prématurée" ?
A priori je serai tenté de dire que votre LRAR est de nul effet puisqu'intervenue hors délais, mais je n'est trouvé aucune jurisprudence sur ce point ( quant à la sanction ).
2°/ L'adage "nul ne peut invoquer sa propre turpitude" à vocation à jouer ici dans la mesure où l'erreur commise par la société ne permettra pas a cette dernière d'invoquer son erreur de destinataire pour affirmer qu'elle à exécuté son obligation quant à la fixation du délai de livraison. Toutefois ce n'est que le principe, cet adage n'est pas absolu.
Ainsi par exception, si la société peut démontrer que son erreur est excusable, dès lors on ne pourra pas lui reprocher de s'être trompé de destinataire. Ce sera le cas par exemple si la société peut invoquer la théorie de l'apparence pour affirmer qu'elle pouvait légitimement penser que vous êtiez concubin ( ça pourrait être le cas si vous êtes venus acheter le canapé à 2 et que la facture est à vos 2 noms ).
Dans tous les cas c'est à la société d'apporter cette preuve (art. 315 C.civ.), et en tout état de cause cela dépendra de l'appréciation souveraine des juges du fond.
Pour ne rien arranger de l'imprévisibilité de ce litige, le juge compétent serait le juge de proximité ( car litige < à 4000 euros ). Celui n'est pas un juge issue de L'ENM ( c'est souvent un ancien professionnel du droit ), et celui-ci à parfois tendance à juger en équité plutôt qu'en droit.
En résumé, votre LRAR ne répond pas aux exigence de l'article L 114-1 C.conso., la sanction la plus logique juridiquement serait qu'elle soit de nul effet. Toutefois, je n'ai trouvé aucune jurisprudence sur ce point et on pourrait pourquoi pas considérer que cette LRAR à tout de même vocation à produire effet mais seulement 7 jours après le dépassement de la date de livraison. Il est donc difficile de "prévoir" la solution en droit sur ce point de par l'abscence de jurisprudence et l'imprévisibilité de certains jugements du juge de proximité.
Il en va de même concernant l'erreur de cette société qui par rpincipe ne vous est pas opposable mais qui par exception, si l'erreur est excusable, pourra jouer. Ceci est encore une question de fait et dépendra de l'appréciation souveraine des juges du fond.
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